Olivier Breuil

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De formation d’ingénieur en physique des matériaux, Olivier Breuil a quitté ce métier à 30 ans pour retourner à la peinture. Il a été auditeur libre à l’Ecole Nationale des Beaux Arts (Paris) pendant 2 ans de 2001 à 2003, et a travaillé dans l’atelier du peintre Frédéric Prat à Montreuil pendant 4 ans de 2002 à 2005. Il a également suivi des stages au Chelsea College Of Art (Londres) et au Camberwell College Of Art (Londres) en 2000. Entre 2005 et 2006, pendant un an, il a été en résidence dans la structure « Stroom » à La Haye au Pays-Bas.

Olivier Breuil développe aussi une activité de commissariat d’exposition dans la structure « Art Ensuite » qui expose depuis 2009 la jeune scène française (à ce jour 25 expositions dont celles de Jérôme Boutterin, Olivier Filippi, Pascal Pesez, Sylvie Bonnot, Lena Hilton, Elodie Boutry, Jean-marc Thommen…)

Expositions personnelles :

2013 : Humour noir, Galerie Hôtel Elysées Mermoz, Paris, France
2008 : Assiettes, Galerie Pascal Lorain & Associés, Paris, France

 

expositions collectives :

2013 : Un mètre carré, Galerie Hôtel Elysées Mermoz, Paris, France
2013 : Collectif RLSB, La Petite Fabrique d’Art, Paris, France
2008 : Salon ART ELYSEES, avec la  Galerie Pascal Lorain & Associés, Paris, France

 

publications :

Catalogue de l’exposition « Un mètre carré » à la  Galerie Hôtel Elysées Mermoz, rédigé avec Alain Coulange

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texte de presentation octobre 2014

« Tout de suite »

Je voulais que le travail commence tout de suite.

Le tableau commence dès que l’on choisit le format du châssis et la toile qui va être tendue dessus. Tout compte : la forme, les dimensions et l’épaisseur du châssis, le matériau de la toile, la façon de l’enduire, la qualité de la peinture, sa transparence, sa brillance, le choix des couleurs, les outils et la manière d’appliquer la peinture. 

Il se produit une interruption du travail du tableau proprement dit au moment de tendre et de préparer la toile. Le côté trop automatique de cette phase me gênait. J’ai cherché à la remplir de pensée et d’action afin que chaque étape soit chargée de décisions, que le travail du tableau commence tout de suite et se déroule en continuité.

J’ai arrêté de replier méticuleusement la toile aux quatre coins. Je les ai “mal faits”, les ai pliés grossièrement ; puis j’ai utilisé des toiles bien plus grandes que nécessaire afin de disposer d’assez de matière pour créer des drapés. Je fais prendre à la toile qui déborde des formes aussi diverses que possible : parfois larges et déployées, parfois enroulées serrées, dans l’angle du châssis, ou bien décalées le long du bord. La frange du tissu, des fils peuvent rester à certains endroits visibles.

Les dessins formés par ces drapés et les couleurs déposées en bordure et sur les tranches du tableau ferment la composition autour de la toile souvent laissée vierge. Les couleurs sont appliquées à la bombe pour ne pas alourdir les drapés et pour mieux révéler le grain de la toile par une application rasante du jet de peinture. “Garder la peinture aussi belle que dans le pot” (Stella).

Et aussi, garder la toile aussi belle que sur le rouleau.

Ces tableaux se prolongent par un travail sur papier, toujours à la bombe, utilisant comme masques les surplus de toile découpés au dos des châssis.

Olivier Breuil

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texte de presentation de l'exposition "humour noir" :

“Tout a été dit cent fois”

“Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j’écris des vers
C’est que ça m’amuse
C’est que ça m’amuse
C’est que ça m’amuse et je vous chie au nez” (Boris Vian)

Et le peintre aussi se demande ce qu’il pourrait dire, et de quelle manière. Sa manière est dans le choix des éléments qui constituent le tableau : ses dimensions, l’épaisseur du chassis, le type de toile, la façon de la préparer, les pinceaux utilisés, les couleurs, la qualité de la peinture, sa transparence, sa brillance… et surtout par la manière dont la peinture est appliquée.  Toutes ces décisions faites avant et pendant le travail du tableau disent la peinture différement et révèlent l’esprit de celui qui l’a peint. Tout a été dit cent fois, et la peinture permet de continuer à le dire à l’infini.

Ce qui “m’amuse” c’est de produire un impact visuel fort et immédiat, de provoquer l’étonnement, un sourire de surprise, une incomprehension face à ce qui se présente et que l’esprit n’arrive pas à saisir. Faire aussi en sorte que le regard circule sans se figer, laisser l’esprit vagabonder, passer partout sur la toile et rebondir sans s’arrêter.

J’accepte de ne pas peindre ce que j’avais en tête au départ. Je prends parfois la bifurcation qui se présente, un “raté” ou une forme trop évidente, parce qu’elle me surprend et qu’elle fonctionne. Je guette l’étonnement, je suis à l’affût, j’observe ce qui se produit. Un tableau qui fonctionne est un tableau que l’on ne comprend pas entièrement.

Ainsi mes peintures qui cherchaient l’abstraction ont évolué vers un travail “d’extraction”. Une peinture abstraite détendue, moins dogmatique, venant de soi et qui accepte de laisser surgir des mémoires visuelles. Les formes semblant représenter quelque chose d’identifiable (un fantôme, un canard en plastique, un cow boy…) ne sont plus censurées mais parfois assumées, avec humour.

C’est que ça m’amuse …

Olivier Breuil
Avril 2013

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LIENS :

Guillaume Moschini

soo kyoung lee

jerome boutterin

blair thurman

jean-marc thommen